L'une des plus anciennes confréries de pénitentes et de pénitents est née à Baixas et participe activement aux processions du Vendredi Saint à Perpignan et à Collioure. Depuis 2023, la Confrérie a également relancé la procession nocturne du Jeudi Saint dans les rues du village après 228 ans d'interruption sous les menaces d'un Directoire profondément anti-religieux. Depuis, et sans rancune, les confrères participent à la vie spirituelle du village à chaque grand moment de l'année liturgique.

🩸
Actualité 2025: La procession nocturne du Jeudi Saint, à Baixas, aura lieu le jeudi 17 avril 2025 avec messe (cérémonie du lavement des pieds et adoration) à 19:00 et début de la procession, au flambeau et dans les rues du village, à 20:00.

La procession nocturne de 2025

La Confrérie de Baixas

La première Confrérie de la Sanch fut fondée à Baixas au XVIIème siècle par des pénitents regroupés en corporations, celles des vignerons et des commerçants. Très vite, la Confrérie a tenu une vie très active au sein de la paroisse et a rejoint les autres confréries du département. Son histoire, comme celle des autres confréries catalanes, a été secouée par les turbulences de la révolution française (voir plus bas). Depuis plus de 50 ans maintenant, la Confrérie a repris une activité pérenne, profonde, engagée et stable.

Rouge, la couleur des pénitents de Baixas

Les pénitents de la Confrérie de Baixas sont vêtus d’un "sac" et d’une "caparutxa" rouge. Ce qui les distingue des pénitents "noirs" (qui composent l'Archiconfrérie de la Sanch), c’est qu’ils portent le Christ encore vivant, "l’Ecce Homo !".

Dans le temps de cette Semaine Sainte, l'Ecce Homo (ou "Voici l'Homme !") fait référence à la parole prononcée par Ponce Pilate quand il présenta Jésus à la foule, lors de sa condamnation à mort, au terme de sa violente flagellation.

Le misteri de Baixas représente un Jésus toujours vivant, sanguinolant: "De même que les foules ont été horrifiées à son sujet – à ce point détruite,
son apparence n’était plus celle d’un homme, et son aspect n’était plus celui des fils d’Adam –" (Isaïe, 52-14). Et encore "On l’a fait souffrir, mais lui, il a accepté cela, il a gardé le silence. Comme un agneau qu’on mène à l’abattoir (...)" (Isaïe, 53-7).

💡
Une procession et une confrérie interdites, des pénitents arrêtés par les gendarmes : Le 28 mars 1796, soit le 8 germinal de l'an 4, Pierre-Paul SERVAN, 45 ans, Commissaire du département des Pyrénées-Orientales (équivalent du Préfet d'aujourd'hui) écrivait au ministre de la police générale (probablement Philippe-Antoine Merlin de Douai ou Charles Cochon de Lapparent) la lettre suivante: "Tout ce qui tend à propager le fanatisme ne peut paraître indifférent au fonctionnaire chargé de l’exécution des lois, aussi j’ai cru devoir redoubler de surveillance pour qu’il ne fût porté atteinte à celle relative à la police des cultes. La circonstance de la semaine sainte pouvait en fournir l’occasion aux sectaires du culte catholique. L’usage était autrefois dans le département de faire les jeudi et vendredi une grande illumination à chaque temple, et à 9 heures du soir, une procession dans chaque commune où l’on représentait au moyen de figures toutes les circonstances de la Passion. Le peuple était amateur de ce spectacle et il me constait que, fidèles à leurs principes, les prêtres voulaient le renouveler. Il m’était même revenu qu’à Baixas ils avaient le projet de faire cette procession hors de l’enceinte de l’édifice destiné au culte...
"J’en fis part à l’administration départementale et je la requis d’y faire porter la force armée à peu près à l’heure où la cérémonie devait avoir lieu, tant pour se saisir des ministres qui contreviendraient si ouvertement à la loi, que des réquisitionnaires que la fête aurait attirés à la cérémonie. L’administration accueillit ma demande et chargea un de ses membres de diriger la force. La procession se faisant dans l’enceinte de l’édifice destiné au culte, lorsque le commissaire arrivé, et comme il avait pris la précaution avant d’entrer dans la commune de la faire cerner, les jeunes gens de réquisition ne purent échapper. J’ai cru qu’il était de mon devoir de vous rendre compte de cette mesure pour vous prouver que l’administration ni moi ne négligeons aucun moyen pour que la loi sur la police du culte soit exécutée." Le commissaire du département - (Archives départementales P-O, Livre 303).

Notre Dame des 7 Douleurs pour les femmes

Le rôle des femmes est majeur au sein de la Confrérie de Baixas (qui est d'ailleurs présidée par une femme, Monique Delmas). Ces femmes de tous âges participent à la procession en portant le misteri de Notre Dame des Sept Douleurs qui devance l'Ecce Homo dans la procession du Vendredi Saint à Perpignan.

Les femmes de la Confrérie sont très impliquées dans la préparation de toutes les processions et s'attachent particulièrement à magnifier le fleurissement des misteris et de l'Église Sainte Marie de Baixas durant cette période de recueillement et tout le reste de l'année.

Procession du 14 Août

La Confrérie de Baixas organise également la procession diurne du 14 août, dans les rues du village avant la messe généralement célébrée par le Vicaire général et curé de la paroisse, le Père Joël Adoue.

La crèche, aussi !

Enfin, les membres de la Confrérie prennent à coeur, depuis des dizaines d'années, de construire la crèche imposante située à l'entrée de l'église Notre Dame, avant chaque premier dimanche de l'Avent. Chacune et chacun de ses membres contribue à donner à ses grands moments de l'année chrétienne toute la force qui donne paix et grâce à celles et ceux qui cheminent (ou veulent cheminer) avec Dieu.